31.12.2008

Bah ça alors...

Je retrouve mes codes d'accès après plus d'un an et je constate avec surprise qu'il y a toujours des visiteurs...

Bienvenue donc dans ce blog. Baladez vous au plaisir. C'est beaucoup de textes (hé oui...), beaucoup d'humeurs et de cheminements personnels. Quand je le relis, ça fait remonter pas mal de choses, bien sur...

Enfin, voilà, fouillez les recoins, posez vous que vous soyez chez vous ou en train de trotter sur la Terre... Mon mail unjourlaptitehuguette@yahoo.fr est toujours valable, pour les questions, remarques... Je suis à Lausanne et si vous êtes par là, que vous allez partir ou avez des souvenirs del sur qui remontent et vous chatouillent, n'hésitez pas, à la froideur du clavier et de l'écran, je préfère la chaleur d'un chocolat... (si si, une bière, ça le fait aussi...).

Bon voyage.

Mateo.

04.06.2007

Aréquipa, suite et fin et Machu-bisness-Pichu

Aréquipa.

A notre retour, nous retrouvons Hubert, l'ami artisan, l'amoureux d'une Espagnole, Cristina, que j'avais rencontrée plus tôt en Equateur.
Par lui, nous faisons connaissance avec le Killa, un petit bar super sympa avec des gens supers et de la bonne musique. Nous vivons avec eux la dernière semaine de ce lieu qui va être vendu. Eh oui, interdit de vendre de l'alcool (sauf back chiche...) près des Eglises, dans les bars. Par contre, dans les tiendas (êpiceries) on vous prépare du rhum-coca pour un euro le litre et on vous donne les verres pour aller boire dans la rue...

Semaine de fête, de temps passé ensemble à bambocher, discuter, se connaître...

Que dire, citer des noms au bon souvenir, Hubert, el Pajalo (petit oiseau, à cause de son nez, mais le coeur ne rentrerait pas dans le corps d'un petit oiseau...), Cuto, Jasmani, son amoureuse dont j'ai noté le nom quelque part...et tout plein d'autres.

Dernière soirée, adieux, et chacun s'en est retourné chez lui, à Aréquipa, en Argentine, ailleurs... Toute bonne chose à une fin, les souvenirs, eux, sont éternels...

Après, avec Titine, on est allé saluer le volcan en activité en passant une nuit au bord d'une lagune bordée de sel et peuplée de flamants roses qui n'ont pas froid aux pattes à 4200 mètres d'altitude. On a eu bien froid dans notre tente de location un peu pourrie, mais quelle merveille. Ensuite, on est parti à notre tour pour le Machu Pichu.

Quel écoeurement, ce bisness honteux qui profite... au Chili, et à l'Europe. Le lieu en est gâté, il me faudra du temps pour que ces splendeurs effacent définitivement cette merde ambiante... Car ce lieu est merveilleux, en dehors de toute réalité possible. Ça commence quand on marche des heures sur les rails dans la selva alta pour ne pas payer ce train de la honte (env70 $ pour 150 bornes...), quand on passe sous le Machu en ne voyant qu'une carcasse de maison en ayant de la chance, et la magie arrive à son apogée quand, après avoir grimpé dans les nuages le Wayna Pichu, qui domine le Machu, on assiste à la levée de ce voile de soie comme un rideau sur un spectacle grandiose à couper le souffle. C'est tout simplement irréel...

Et puis on redescend dans cette abjection, le comble de la merde humaine ou tu te fais arnaquer officiellement, avec le sourire, et cette lueure de cupidité dans le regard... Allez tous vous faire foutre, on se barre de cette fosse sceptique, en marchant encore pour échapper à vos saloperies. Bande de cons!!!!!!!!!!!!!!!!!

31.05.2007

bon, la suite, y'a du boulot...

Enfin des nouvelles... C'est qu'il s'en est passé des choses depuis Colca. La fin d'un petit bar sympa, je vous en ai parlé, la laguna de las salinas avec ses volcans, ses flamants roses et ses lamas, le voyage vers Cusco, le Machu bisness Pichu dépouillé de sa splendeur, el lago Titicaca, et la Paz, plus haute capitale du monde (entre 3200m et 4000m...) où nous sommes en ce moment, profitant de notre privilège de "riches"dans un des pays les plus pauvres d'Amérique latine et sans doute du monde...

Donc, suite et fin de Colca...
Reprise de l'épisode précédent...

Un peu plus tard, on essaie el shampoo de pacaye. La pacaye, c'est un espèce de gros haricot qui pousse sur des arbres. Dedans, les graines sont enveloppées dans un espèce de coton un peu sucré, frais, et qui fond dans la bouche... On passe les graines au Batan, sorte de mortier à balance (concours d'imagination : dessinez un mortier à balance, scannez le et envoyez-le à mon adresse dans la colonne de droite...) pour en faire une bouillie à grumeaux (même concours) que l'on met dans de l'eau chaude. Ensuite, on se mouille la tête, et on se la lave comme avec un shampoing mais en mettant la mixture de pacaye. La différence, c'est qu'il faut rincer 5 ou 6 fois pour enlever les morceaux verts de pacaye, et bien brosser une fois sec pour tout virer...

Mais pas de regrets, on se régale, un coup de batan, un lavage et les cheveux en ressortent propres et super doux...

Plus tard, on discute de pêche, Modesto me fait essayer l'épervier (filet rond) dans la cour, et on se marre bien entre deux histoires. Lorsque la nuit tombe, el signor me montre son installation (précaire aïe aïe aïe) électrique toute neuve. En effet, l'électricité est arrivée il y a 4 mois dans le hameau. "sabes hacerlo????" question posée timidement. "Tienes un desarmador?" (tournevis) et nous voilà partis dans l'installation de la lumière dans la cuisine des touristes. On part de l'ampoule de la salle commune et de son interrupteur cloué sur le poteau en bois bien sec de l'entrée...

Je passe au passage les fils là où on ne les verra pas (merci m'sieur Dias...) au grand étonnement du bonhomme qui n'a pas hésité à en faire pendre un peu partout (des fils). Quelques dizaines de minutes plus tard, surprise... la luz!!! On est à la fois content et triste. L'électricité, c'est commode, mais c'est aussi la fin d'une ère, des connaissances ancestrales liées à l'ancien mode de vie qui seront progressivement mises aux oubliettes. Veronica, mine de ce savoir le sait et le constate déjà après 4 mois. Elle pourra bien résister en continuant de cuisiner chez elle à la bougie et au feu de bois, mais c'est inéluctable. Et c'est aussi le temps qui avance inlassablement.

Après ce moment fort en échanges et humainement, et que Modesto m'eût proposé un hectare et un outil inca pour labourer et qui est encore utilisé par les campesinos si je reste 3 ans, nous reprenons les sentiers pour Fuhre, le village le plus froid (4 à 5h de soleil par jour) peuplé par une communauté de dépressifs. Là, on touche le fond de la misère. Cultures difficiles, climat rigoureux, et ce manque de lumière insupportable... Triste réalité.
Manque de pot, Titine tombe malade... la nourriture et le bedou pas encore bien habitué... Alors je file voir la cascade qui est à une heure de là. Le paysage est digne du Seigneur des anneaux (pour ceux qui l'ont vu...) et la cascade coule d'une énorme brèche ouverte dans une falaise à pic et quasi lisse de plusieurs dizaines de mètres (disons plutôt vers les centaines de mètres, difficile d'évaluer ici, mais absolument gigantesque...). L'eau tombe par saccades et vient taper de gros rochers en bas. Dans ce cul de sac de vallée il pleut tout le temps à cause de l'eau qui se vaporise.

Le lendemain, ma Belle va mieux, nous retournons donc à la cascade puis de là descendons à llahuar.
Le paradis. Bassin d'eau thermale chaude, petits bungalows très softs (pas trop club med...), le sourir de Yola qui s'ennuie car ici, les femmes suivent les maris géographiquement..., ses pancakes aux morceaux de bananes, les tortillas de verduras, spécialité officieuse du canyon, et le rio Colca qui coule à nos pieds et nous prépare de jolies truites pour un repas de temps en temps...

Et puis, deux jours plus tard, on remonte. 4 heures de montée brute puis une bonne heure et demi dans un paysage collinaire fait de pâtures, cultures et rivières délimités par des murets en pierre dignes de la Lozère...

Et enfin Cabanaconde où nous passons une nuit puis Aréquipa pour la suite des aventures humaines...